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Jacques Verdier
![]() Il vient de se passer quelque chose de très joyeux le premier août 2006 à 18h à Auch en Gascogne.
Je dépose trente exemplaires de « Croquis de rugby » - enfin sorti - à l’Espace culturel Leclerc.. En compagnie d’une dame chef de rayon aux yeux bons et dédiés au sourire de lire. Nous cherchons la meilleure place pour la mise en scène de mon gentil bouquin copain.. et tombons sur trois exemplaires des « Chroniques ovales » de Jacques Verdier, Directeur de la rédaction de Midi Olympique… Nous voici côte à côte. Ce hasard me touche. Je fais partie de ceux qui s’émerveillent au lieu de rancoeurir. Un mot de ces « Chroniques ovales » - Elles rassemblent des notations prises au jour le jour par Jacques Verdier, simple journaliste (si l’on peut dire) avant de diriger la rédaction du Midol (une nouvelle révolution est attendue à la rentrée, me dit-il, avec une chaîne TV, un site Web neuf – quand dort-il ?) Pendant ces vingt dernières années, Jacques Verdier a tenu la main courante de qui il croisait, interviewait, haïssait, suspectait, adorait.. Une grande pudeur de sentiments sous tend le récit. Culture anglo-saxonne du « facts & figures » (des faits et des chiffres) que cette sobriété ? Oui, mais aussi une colonne vertébrale morale dont on sent chaque os. On jurerait que Jacques Verdier a pris ces notes scrupuleusement pour un jour trancher sa vie : en voilà pour 20 ans. Il nous les donne. Pour lui il est temps, au fait, de quoi ? Très gros livre, écrit petit, un « pavé » comme l’on dit.. donc on sera pendant des semaines dans la bonne compagnie de TOUT ce qui a fait le rugby en Argentine, en Italie, en Nouvelle Zélande, en Australie.. et en France, à Toulouse, Agen,Toulon, Dax ou Perpignan.. et même Auch où nous assistons – page 458 – à un extraordinaire portrait de Henry Broncan (que Jacques Verdier surnomme « le sourcier » et non le sorcier, ce qui lui convient mieux... La source n'est-elle pas plus proche de Manon que le Docteur Mabuse ?) « Passionné par la résistance et l’histoire des hommes soudainement placés dans des situations extrêmes.. Qui devient salaud ? Et qui héros ? D’où vient le courage et la lâcheté ? Et la faiblesse ? Ce sont des questions qui le fouaillent, essentielles.. C’est un bonheur de le côtoyer, de mesurer l’espérance qui l’habite.. » La culture rugbystique de Jacques Verdier émerveille. Mais elle échappe au livre.. On a envie de dire heureusement, jusqu’à ce qu’il écrive.. Chaque page, ce sont, en effet, des soirs et des hommes, des terrains et des foules, des trognes et des phrases jetées sur la balance dont l’aiguille frissonne. Tel est le reportage ! Des yeux énigmatiques et malicieux (Jean Pierre Rives), des furibonds (Ferrasse), les faux rebonds de faux culs, des combats des chefs (Fouroux contre le reste du monde).. une formidable anthologie de ce que le rugby respire entre 1985 et aujourd’hui.. Vivant ? Palpitant ? Oui. Et partout mieux que cela : Janséniste du côté de l’intégrité. Sincère, bien sûr, mais pourquoi ? Parce que Jacques Verdier chasse le vrai des personnes, ce qu’elles ont sous le mutisme ou la harangue. C’est la retenue même de son style qu’on y voit partout des patients à qui il aurait dit : « Déshabillez-vous » ! Jacques Verdier se refuse les facilités d’écrivains musiciens. Il dégage le sens.. L'artère bat! Livre magnifique de chez magnifique et formidable de chez mon ami.. A suivre.. |